HDR Chouvy 2017 Volume 1

Juin 7th, 2018 | By | Category:

Version
Download 6
Total Views 21
Stock
File Size 737.56 KB
File Type pdf
Create Date 7 juin 2018
Last Updated 7 juin 2018
Télécharger

Pierre-Arnaud Chouvy

Résumé du volume original de l’HDR intitulée :

La géographie à l’épreuve de la drogue

Université de La Réunion. Jury: François Taglioni (parrain) :Géographe, professeur, université de La Réunion, UMR Prodig ; Laurent Carroué (rapporteur) :Géographe, professeur, université Paris VIII, Inspecteur général de l'éducation nationale ; Pierre Kopp (rapporteur) : Economiste, professeur, université Paris 1, Centre d'économie de la Sorbonne ; Gilles Lajoie (rapporteur) : Géographe, professeur, université de La Réunion, UMR Espace-Dev. ; Stéphane Rosière (examinateur) : Géographe, professeur, université de Reims Champagne-Ardenne, EA Habiter : Bernard Tallet (examinateur) : Géographe, université Paris 1, professeur, UMR Prodig. HDR soutenue le 20 juin 2017. HDR soutenue le 20 juin 2017.

Après deux décennies de recherches portant sur la production illégale et le trafic de drogues, le temps était venu d’opérer un retour réflexif sur des thématiques, des problématiques, des méthodologies et des pratiques de terrain propres à l’objet drogue. Un tel retour est bien sûr d’autant plus important que la drogue reste largement un impensé géographique et que tant les remarques et les questions de certains collègues que la teneur de certaines évaluations de mes articles, ne laissent aucun doute sur les incompréhensions et la méfiance qui existent toujours à propos des recherches portant sur la drogue. Quel meilleur format, dès lors, que celui de l’HDR pour aborder longuement et librement les tenants et les aboutissants d’une telle recherche ?

Ce volume premier de mon habilitation, consacrée à l’impensé géographique de la drogue, se veut donc être une position de recherche conçue à grande échelle et organisée en partie selon les recommandations de la section 23 du CNU qui, sans imposer de plan normatif, enjoint les candidats à aborder leurs objets de recherche (contextualisation sociétale), leurs problématisation et inflexions, leurs méthodologies et innovations, leurs résultats majeurs et apports à la géographie et aux autres disciplines et, enfin, leurs perspectives.

Dès lors, la première partie consiste en une présentation de certains de mes objets de recherche à travers leur contextualisation sociétale et leurs problématisations géographiques : de l’intérêt sociétal et géographique de l’objet drogue et notamment de sa place dans les processus (géo)politiques, économiques et sociaux du recours à la production et au commerce illégaux de drogue et dans ceux des luttes, voire des guerres, auxquelles ils donnent lieu. Sont abordés, les causes et les conséquences des politiques et des actions permettant la mise en œuvre de la prohibition et notamment les raisons de l’échec de la lutte antidrogue, qu’il s’agisse de l’éradication forcée ou du développement dit alternatif.

La deuxième partie interroge l’impensé géographique de la drogue, l’objet drogue et ses pourtant nombreuses problématiques n’ayant que très peu intéressé les géographes, notamment français, et, dans une moindre mesure, le reste des chercheurs en sciences sociales. Un état de la littérature en sciences sociales mais aussi, bien sûr, en géographie, démontre la faible place occupée par les thématiques de la drogue et particulièrement par celles de la production agricole de drogue. Cette partie tente enfin d’expliquer ce manque d’intérêt pour l’objet drogue de la part des sciences sociales et particulièrement de la géographie, malgré une grande richesse de thématiques et de problématiques.

La troisième et dernière partie ambitionne d’améliorer la faisabilité des recherches sur la drogue en proposant une réflexion sur la théorie, la méthodologie et, bien sûr, la pratique du terrain, entre théorie et empirisme donc. L’accent est mis sur ce que la géographie, française surtout, peut apporter à l’étude des thématiques de la drogue dès lors qu’une partie de la discipline perpétue une longue tradition empirique qui contraste avec le caractère primordial des approches théoriques des autres sciences sociales, sociologie tout particulièrement. Les avantages et inconvénients des approches théoriques sont donc présentés en regard des potentiels et des contraintes des pratiques de terrain, la recherche ne pouvant certes faire l’économie de la théorie ou de l’empirie. Si les difficultés inhérentes à la pratique des « terrains drogue » permettent en partie d’expliquer le faible intérêt des sciences sociales et même (surtout ?) de la géographie pour l’objet drogue, il convient de proposer une méthodologie et même des méthodes concrètes de pratique de la recherche en terrain drogue. Cet aspect de l’HDR est fondamental dès lors qu’il témoigne de la possibilité qu’il y a de conduire des recherches de terrain sur de tels sujets, sujets trop longtemps restés hors du domaine du possible académique.

Enfin, de nouvelles perspectives de recherches sont proposées en guise de conclusion, la politique des drogues connaissant des transformations qui vont à n’en pas douter affecter les espaces de production et les producteurs de nombreuses régions rurales du monde : bouleversements en cours de certaines législations nationales portant sur le cannabis, impacts probables et autres conséquences involontaires de la redistribution prochaine de la carte mondiale de la production des dérivés du cannabis (avec ses conséquences sociales, économiques et politiques), mais aussi réflexion (théorique et pratique) sur la façon dont les paysages de la culture de plantes à drogue témoignent des divers contextes politico-territoriaux de différents Etats et des moyens dont ils disposent ou qu’ils mettent en œuvre (ou non) pour imposer la prohibition.

Cette HDR qui, comme toute HDR, doit sinon témoigner d’une capacité à diriger la recherche, du moins aider à la conduite de la recherche sur un objet ou une thématique, consiste donc tout autant en une réflexion portant sur un objet méconnu, voire ignoré, qu’en un guide de recherche : en effet, dès lors que la recherche sur la drogue est déficiente en géographie, il convient d’expliquer cet état de fait mais aussi comment y remédier. D’autant que thématiques et les problématiques de recherches sont nombreuses et que les perspectives de recherches abordées en conclusion sont particulièrement fécondes d’un point de vue géographique. Cette HDR postule finalement qu’une géographie de la drogue, notamment francophone, a lieu d’exister et justifie la poursuite de mes travaux personnels sur ce sujet.

 

Comments are closed.